La production de foie gras dans le monde est une activité essentiellement concentrée en Europe, où la France domine largement ce marché de tradition et de savoir-faire. D’autres pays, comme la Hongrie, la Bulgarie, ou encore la Chine, tentent de suivre le rythme avec des productions spécifiques (oie ou canard), souvent pour l’exportation.
À l’échelle mondiale, le foie gras reste un produit de luxe dont les circuits de production sont étroitement liés à l’histoire gastronomique et aux politiques agricoles des nations.
Sommaire
À retenir
-
La France reste le leader incontesté du foie gras, avec près de 80 % de la production mondiale.
-
La Hongrie et la Bulgarie occupent une place importante avec un foie gras d’oie ou de canard de qualité.
-
Les États-Unis, le Canada et la Chine émergent comme producteurs secondaires, mais leur production reste limitée.
La France, pilier historique et premier producteur mondial
« Le foie gras est au patrimoine gastronomique français ce que la vigne est au vin. » — Jean-Pierre Lavergne, historien de la gastronomie
La France occupe la première place mondiale en matière de production de foie gras, avec environ 70 à 80 % de la production globale. Cela représente près de 20 000 tonnes par an, selon les années. Cette production est très majoritairement issue du Sud-Ouest (Périgord, Landes, Gers) et de l’Ouest (Vendée, Bretagne), où la filière est solidement implantée.
Cette domination française s’explique par :
-
Une tradition gastronomique forte.
-
Des régions rurales spécialisées dans l’élevage de canards gras.
-
Une forte demande intérieure et touristique.
Tableau de la répartition régionale de la production de foie gras en France
| Région | Part de la production française estimée |
|---|---|
| Sud-Ouest (Gers, Landes) | 60 % |
| Ouest (Vendée, Bretagne) | 30 % |
| Autres régions | 10 % |
La Hongrie et la Bulgarie, challengers européens du foie gras
« Dans nos fermes, le foie gras est une tradition aussi précieuse que le paprika. » — Ákos Varga, producteur hongrois
Les deux principaux concurrents européens de la France sont la Hongrie et la Bulgarie. Chacun de ces pays produit entre 2 400 et 2 600 tonnes par an, soit environ 9 à 10 % de la production mondiale.
-
La Hongrie est reconnue pour son foie gras d’oie, un produit très prisé sur les marchés asiatiques et européens.
-
La Bulgarie, quant à elle, s’illustre surtout dans la production de foie gras de canard, souvent à des fins d’exportation.
La filière y est très industrialisée, avec des coûts de production plus faibles qu’en France, ce qui permet d’exporter à des prix compétitifs.

L’Espagne, un acteur régional en progression
« L’Espagne mise sur l’innovation et la tradition pour développer sa production de foie gras. » — Clara Ruiz, consultante agroalimentaire
Même si l’Espagne reste loin derrière les trois premiers, sa production de foie gras est en progression constante, avec environ 500 à 850 tonnes par an. Cela représente 2 à 3 % de la production mondiale.
Les régions du nord comme la Navarre et le Pays basque concentrent l’essentiel des élevages. L’Espagne profite :
-
D’un climat favorable à l’élevage.
-
D’une culture gastronomique proche de la France.
-
D’un essor des produits haut de gamme destinés à l’exportation.
États-Unis et Canada : une production marginale mais persistante
« Le foie gras made in USA trouve ses amateurs, malgré les polémiques. » — Michael Reed, chef new-yorkais
Les États-Unis produisent environ 2 % du foie gras mondial, principalement dans l’État de New York et en Californie (où la production est sujette à des restrictions légales). Leur production reste limitée mais existe depuis les années 1980.
Le Canada, avec environ 100 tonnes par an, concentre sa production dans la province du Québec, où l’héritage culinaire français reste vivace.
Malgré les débats éthiques autour du gavage, ces pays conservent une niche pour les amateurs de foie gras haut de gamme.
La Chine, un nouvel acteur ambitieux dans la filière
« Nous ne voulons pas copier, nous voulons créer notre propre tradition du foie gras. » — Liyang Zhang, entrepreneur agroalimentaire chinois
La Chine, avec une production d’environ 200 à 250 tonnes par an, reste minoritaire sur le marché mondial (environ 1 %). Cependant, la croissance est rapide.
Les provinces du Shandong et du Hebei mènent des expérimentations pour adapter le gavage au marché local, tout en visant l’exportation vers l’Europe et l’Asie.
La montée en puissance de la Chine est à surveiller, bien que les standards de qualité et la réception culturelle du foie gras restent encore très différents des normes européennes.
Tableau comparatif des grands pays producteurs de foie gras dans le monde
| Pays | Volume estimé annuel (en tonnes) | Part de la production mondiale | Spécialités |
|---|---|---|---|
| France | 19 000 à 20 000 | 70 à 80 % | Canard et oie, tradition artisanale |
| Hongrie | 2 400 à 2 600 | 9 à 10 % | Foie gras d’oie |
| Bulgarie | 2 400 à 2 600 | 9 à 10 % | Foie gras de canard |
| Espagne | 500 à 850 | 2 à 3 % | Canard, production en hausse |
| États-Unis | 500 à 600 | 2 % | Canard, production régionale |
| Chine | 200 à 250 | 1 % | Canard, filière émergente |
| Canada | 100 | < 1 % | Canard, production québécoise |
Les pays non producteurs : entre interdiction et choix éthique
« Interdire le gavage, c’est choisir un modèle agricole plus respectueux de l’animal. » — Elise Bertrand, militante pour le bien-être animal
Certains pays comme l’Allemagne, l’Angleterre, la Finlande ou encore le Danemark interdisent la production de foie gras par gavage. Ces décisions reposent sur :
-
Des considérations éthiques liées à la souffrance animale.
-
Des normes européennes de bien-être animal.
-
Des préférences culinaires différentes, où le foie gras n’a pas la même place culturelle.
Ces pays peuvent néanmoins importer du foie gras, souvent depuis la France ou la Hongrie, notamment pour des raisons touristiques ou gastronomiques.
Le foie gras, entre tradition, innovation et concurrence mondiale
« Le foie gras traverse les frontières, mais garde ses racines françaises. » — Antoine Delmas, critique culinaire
En conclusion, la France conserve une position dominante dans la production mondiale de foie gras, tant en volume qu’en prestige gastronomique. Toutefois, la Hongrie, la Bulgarie et la Chine s’imposent de plus en plus comme acteurs importants dans une filière en mutation, soumise à des enjeux éthiques, économiques et réglementaires. Plus d’infos.
Et vous, quels produits utilisez-vous pour cuisiner ou déguster du foie gras ? Partagez votre expérience dans les commentaires !
